CONGO-BRAZZA REFERENDUM: FIASCO

fiasco

Le temps semble long pour Colombe Bondi. Assise depuis 6 heures sur une chaise en bois inconfortable dans la salle exiguë du jardin d’enfant Prosper M’bala transformé en bureau de vote, elle attend. Deux policiers assoupis dans la cour viennent, de temps à temps, la taquiner. Sur un vieux tableau noir, la jeune femme a soigneusement écrit à la craie le nombre d’inscrits sur les listes électorales, 764, et le nombre de vote, un seul. Il est 13 heures dans l’un des 19 bureaux de vote de Bacongo, un quartier populaire du sud de Brazzaville.

Ce dimanche 25 octobre, les Congolais sont appelés aux urnes pour se prononcer sur la modification de la Constitution qui permettrait au chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis plus de trente ans, de briguer un troisième mandat. L’actuelle loi fondamentale, datant de 2002, l’en empêche, l’âge des candidats et le nombre de mandats étant limités.

Dans la partie sud de Brazzaville, traditionnellement acquise à l’opposition qui a appelé à boycotter ce scrutin, les bureaux de vote sont aussi vides que les rues où les véhicules dépourvus de « laissez-passer » délivrés par la police sont interdits de circuler. Seuls les 4×4 des diplomates, des observateurs internationaux et de quelques commerçants ont droit de cité. Les habitants, eux, sont restés cloîtrés chez eux.

« Il y a le nom de mon père qui est mort, mais pas le mien »

« On s’attendait à avoir peu de votants ici à Bacongo, car nombreux sont ceux à avoir quitté le quartier à la suite des affrontements », explique Colombe Bondi. Depuis les heurts entre les manifestants et les forces de l’ordre survenus ces dernières semaines, le quartier est quadrillé par la police et les militaires qui patrouillent en permanence et maintiennent à résidence l’une des figures de l’opposition, l’ancien ministre Guy Brice Parfait Kolélas.

Un peu plus loin, à l’école des Trois Francs, seuls quatre bulletins de votes gisent dans l’urne en plastique posée à même le sol. Ici, il y a 2 100 inscrits mais rien n’y fait, les habitants du quartier ne sont pas d’humeur à voter. Des jeunes cherchent leurs noms sur les listes électorales affichées à l’entrée. En vain. « Il y a le nom de mon père qui est mort, mais pas le mien », déplore l’un d’entre eux. Auraient-ils aimé voter ? « On ne sait pas ce qu’il y a dans ce projet de Constitution, ici rien ne va, on n’a pas de travail, pas de formation, pas d’électricité… Vous voulez que je continue la liste ? », lâche Junior, 19 ans.

« Sassou, c’est bon pour le business »

LA SUITE SUR http://jambonewschannel.com/referendum-au-congo-les-electeurs-desertent-les-bureaux-de-vote-a-brazzaville-titre-le-monde-fr/

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