MOISE KATUMBI BLOQUE PAR PLUS DE 500 POLICIERS

Dialogue : « Joseph Kabila » accusé de « haute trahison ! »

L’accusation est articulée par des personnalités du «G7» et celles de la «Dynamique de l’Opposition». Le message à la nation fait, samedi 28 novembre, par « Joseph Kabila », continue à susciter un tollé d’indignations. L’atmosphère politique présente tous les contours d’une crise de régime. Une crise aux conséquences imprévisibles. Pour avoir envisagé de revoir le système électoral en vigueur, l’actuel locataire du Palais de la nation a perdu le peu de “légitimité” qui lui restait encore aux yeux de ses contempteurs. Ceux-ci l’accusent d’avoir trahi son serment de «défendre la Constitution et les lois de la République». Dans une «déclaration politique» conjointe publiée lundi 30 novembre à Kinshasa, des personnalités politiques appartenant à ces deux entités accusent « Joseph Kabila » de tentative de « coup d’Etat constitutionnel ». Les signataires – dont l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi Chapwe – invitent les citoyens congolais à se lever et à marcher « pour défendre la Constitution et la démocratie ». Selon des sources kinoises, l’UDPS d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba pourrait annoncer, dès mardi 1er décembre, son retrait du forum annoncé. Si cette information se confirmait, le « Dialogue national inclusif » convoqué par le président sortant «Joseph Kabila» aura perdu le brin de « respectabilité » que lui apportait la participation de cette formation politique.

« Non au dialogue ». « Non au gouvernement de transition ». « Non au référendum ». « Non au glissement ». « Oui au respect strict de la Constitution ». « Oui à la libération de tous les prisonniers d’opinion ». « Oui aux élections nationales dans les délais constitutionnels ». « Oui à l’alternance démocratique». Les signataires de cette déclaration ont posé des exigences aux sonnent comme une rafale d’arme automatique.

Quelle mouche a bien pu piquer «Joseph Kabila» toucher à un sujet aussi sensible que la révision constitutionnelle? L’homme a, de manière involontaire, apporté des arguments en béton armé à tous ceux qui le soupçonnaient et le soupçonnent encore – depuis la publication en juin 2013 de l’ouvrage « Entre la révision de la Constitution et l’inanition de la nation » d’Evariste Boshab – de ruser pour briguer un troisième mandat, en dépit de l’interdit constitutionnel.

Président-tricheur

Depuis le mois d’octobre dernier, « Kabila » et les « communicateurs » de sa «majorité» ont dégoté quelques éléments de langage pour nier l’évidence. “Kabila désir?” « Ce ne sont que des procès d’intention ». « Chaque personnalité a droit à la liberté de pensée, de conscience et d’expression». Début octobre, le locataire du Palais de la nation n’a pas hésité à faire usage de cette dialectique très peu convaincante. C’était à l’issue d’une réunion qu’il venait de présider dans sa ferme privée de Kingakati. Il est désormais clair qu’il trichait. Un euphémisme pour ne pas dire autre chose.

Samedi 28 novembre, l’homme a tombé le masque. Il a révélé son vrai visage de Président-tricheur. C’était à l’occasion de son “message à la nation” annonçant l’imminence de la convocation d’un
«dialogue national inclusif ». Il a, à cette occasion, invité les délégués à ces assises « à réfléchir sur un nouveau système électoral avec des modalités de vote moins coûteuses ».

Cette prise de position a fait bondir plus d’un observateur. Les ténors du « G7 » et ceux de la
«Dynamique de l’Opposition» seraient tombés de leurs chaises. « M. Kabila ne fait plus mystère de son intention manifeste, planifiée et délibérée de renverser le régime constitutionnel pour s’accrocher au pouvoir », notent-ils de la déclaration précitée. Pour eux, il s’agit d’un véritable “coup d’Etat constitutionnel”.

Absurdité juridique

Pour ne pas se limiter à une simple rhétorique, les signataires considèrent que tous les éléments constitutifs de la «haute trahison» sont désormais réunis. Ils annoncent la publication
«incessamment» d’un «chronogramme d’actions de grande envergure». Et d’inviter les citoyens à se lever et à marcher. L’objectif est de faire échec à la dérive dictatoriale ambiante conformément à l’article 64 de la Constitution.

En parcourant les attendus de l’ordonnance présidentielle n°15/084 du 28 novembre 2015 portant convocation de ces assises, le lecteur ne manque pas de tressaillir à l’invocation de l’article 69 de la Constitution d’une part et de l’Accord-cadre signé le 24 février 2013 à Addis Abeba comme bases juridiques. Une absurdité juridique. « Joseph Kabila » se voit toujours et encore en « garant des institutions » malgré sa volonté de tripatouiller cette même Constitution pour préserver ses intérêts sous prétexte de minimiser le coût des élections. Paradoxe.

Le deuxième alinéa de l’article 69 de la Charte suprême érige le président de la République en gardien du «respect de la Constitution». L’article 220 de cette Loi fondamentale stipule notamment : « La forme républicaine, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du Pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle (…) ».
S’agissant de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba, les juristes de la Présidence de la République se sont livrés à une interprétation abusive voire fantaisiste d’un des engagements de l’Etat congolais. A savoir : promouvoir la réconciliation nationale, la tolérance et la démocratie. Cette convention internationale ne parle guère expressis verbis de l’organisation d’une “grande messe”.

L’UDPS sur le départ ?

Près de trois ans après la signature de cet Accord-Cadre, le pouvoir kabiliste a littéralement institué l’intolérance. A preuve, le nombre des prisonniers d’opinions qui croupissent à la prison de Makala.

Par ailleurs, «Joseph Kabila » n’a jamais pris la peine de sortir de son arrogante tour d’ivoire pour consulter ou discuter avec des acteurs politiques de l’opposition. En quinze années de pouvoir, il n’a jamais souhaité rencontrer le leader du principal parti de l’opposition. Pire, l’unanimisme politique semble être de retour. Les activités politiques sont interdites dans l’ancienne province du Katanga, sauf pour le PPRD et les partis de la MP. Toute manifestation de l’opposition sur la voie publique est réprimée.

Respectueux de l’ordre institutionnel, les signataires de cette déclaration de conclure : « Dans tous les cas, le seul événement historique que le peuple congolais attend avec impatience demeure la prestation de serment le 20 décembre 2016 du nouveau Président de la République élu au suffrage universel direct, à l’issue des élections nationales du 27 novembre 2016 ».

Au moment de boucler ces lignes, plusieurs sources kinoises jointes au téléphone n’excluaient pas un retrait de l’UDPS des discussions à venir. L’annonce pourrait intervenir ce mardi 1er décembre. Si cette information était confirmée, le doute – la peur ? – pourrait changer de camp …

Les signataires de la Déclaration conjointe :

« G7 » : Charles Mwando Nsimba (Unadef), Pierre Lumbi Okongo (MSR), Olivier Kamitatu Etsu (ARC), José Endundo Bononge (PDC), Gabriel Kyungu wa Kumwanza (Unafec), Dany Banza Maloba (ACO), Christophe Lutundula Apala.

Dynamique de l’Opposition : Ingele Ifoto (DDC), Eve Bazaïba (MLC), Vital Kamerhe (UNC), Martin Fayulu (ECIDé), Delly Sessanga (Envol), Jean-Lucien Bussa (CDER), Jean-Claude Vuemba (MPCR), Gilbert Kiakwama Kia Kiziki (CDC), Joseph Olenghankoy (Fonus), Mwenze Kongolo, Kalele ka Bila, Albert-Patrice Puela (RECO), Gabriel Mokia (MDCO) Koloso Sumaïli, Jacques Chalupa etc.

Autres personnalités : Moïse Katumbi Chapwe

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-201

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