LA RFI N’EMET PLUS A KINSHASA

Radio France internationale n’émet pas à Kinshasa depuis ce mardi 16 février dans la matinée.

Interrogé par Radio Okapi, le ministre des Médias, Lambert Mende, dit ne pas savoir s’il s’agit d’une coupure de signal par l’autorité publique ou d’une panne technique.

Mais il précise qu’une réunion va se tenir en début d’après-midi avec les responsables de la radio française pour déterminer l’origine de cette interruption.

Sur son compte Twitter, la correspondante de RFI en RDC, Sonia Rolley, indique que le signal a été coupé par le gouvernement provincial de Kinshasa.

radiookapi.net

Vital Kamerhe est sur tous les fronts. Le patron de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) , un des principaux partis de l’opposition et un des leaders de la Dynamique de l’Opposition qui fédère différentes formations politiques de l’opposition, ne compte pas ses heures. Il faut dire que l’opposition au régime du président congolais Joseph Kabila joue gros ce mardi 16 février avec son appel à la ville morte.

“La tension est à son comble dans la ville de Kinshasa”, nous explique-t-il au téléphone à la nuit tombée. “La majorité présidentielle comprend qu’elle a vraiment face à elle un ensemble de partis politiques déterminés et unis mais aussi et surtout une population lassée par sa non gestion du pays et par sa volonté de ne pas respecter la constitution”.

Cet appel à la journée ville morte, mouvement de désobéissance populaire et pacifique, n’a été lancé qu’en fin de semaine dernière. Initialement, ce 16 février – journée de commémoration de la marche pacifique des chrétiens du 16 février 1992, qui avait vu l’armée zaïroise ouvrir le feu sur des manifestants qui demandaient l’ouverture de la Conférence nationale souveraine – devait être marqué par une nouvelle marche dans toutes les villes du pays. “Mais on a vu que le pouvoir avait dépensé sans compter pour s’armer. Nous ne voulons pas de confrontation violente. Les Congolais ont déjà assez souffert. Nous voulons faire comprendre pacifiquement à Monsieur Kabila qu’il doit respecter la Constitution et organiser les élections présidentielles en novembre prochain avant de céder le pouvoir à son successeur en décembre de cette année. Aujourd’hui, tous les partis de l’opposition et les grands mouvements de la société civile forment un énorme bloc monolithique et non violent avec lequel il devra inévitablement compter. Nous voulons envoyer un message au président Kabila mais aussi à la communauté internationale.”

Une marche seule ne pourra suffir pour faire plier le pouvoir en place ?

“Nous en sommes bien conscients. C’est une première étape. Et nous sommes déjà certains que ce sera un succès. Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Bukavu, Kananga et tant autres se sont mobilisées pour faire de ce mardi 16 février le début d’un mouvement très large. Ensuite, nous continuerons, nous avons une multitudes d’actions à mener, toujours pacifiquement, pour faire comprendre qu’il doit organiser ces élections et qu’il ne pourra pas s’accrocher au pouvoir. Nous voulons le strict respect de la constitution.”

Les élections doivent se tenir dans un peu plus de 9 mois. Est-il encore possible de les organiser dans ce timing ?

“Absolument. On veut nous faire croire qu’il faudra des mois, des années, pour préparer ce scrutin. Regardez ce qui s’est passé en 2011. La préparation de ce scrutin n’a vraiment débuté qu’en avril 2011 après que le président a fait modifier la Constitution pour passer d’un scrutin présidentiel de deux à un tour. Aujourd’hui, on sait qu’il faut nettoyer le fichier électoral qui n’a pas été mis à jour volontairement depuis le dernier scrutin. C’est à dire qu’il ne tient pas compte des personnes qui sont décédées ni des jeunes qui ont atteint l’âge de voter depuis fin 2011. La plupart des experts indépendants sont d’accord pour dire qu’il faut quatre mois pour faire ce travail. Nous sommes donc parfaitement dans temps. En tout cas, il n’est pas trop tard.”

Ne craignez-vous pas que le mouvement dégénère et qu’il y ait une effusion de sang ?

“Vous vous souvenez qu’en janvier 2015, le peuple de Kinshasa a dit spontanément non à la modification de la Constitution que Kabila et le groupe de mafieux qui sont à la tête de l’Etat voulaient lui imposer. Il y a eu des manifestations qui ont été durement réprimées. On veut éviter toute effusion de sang. C’est pour cette raison, je le répète, que nous avons opté pour cette opération ville morte et que d’autres projets, avec la même approche non violente, sont en gestation. Mais on sait très bien que le pouvoir en place est prêt à toutes les provocations. Ces dernières heures, certains gouverneurs, des ministres et le secrétaire général du parti présidentiel ont multiplié les textes menaçants pour exiger que les fonctionnaires se rendent à leur travail. Des manifestations proKabila sont attendues. On veut éviter la confrontation. On a la Constitution avec nous. On est avec le peuple. On veut faire comprendre à ces Messieurs qui veulent s’accrocher au pouvoir qu’il est temps de partir. Que le Congo est devenu ingouvernable pour eux.”

Vous présenter aujourd’hui un front particulièrement uni. Est-ce tenable à moyen terme ?

“Vous avez vu qu’Etienne Tshisekedi a rejoint notre mouvement. Aujourd’hui, nous sommes unis et nous resterons unis parce que, je me répète, nous avons le peuple et la constitution avec nous. Vous verrez dans quelques heures que ce sera une réussite qui fera réfléchir le pouvoir en place et qui enverra un message fort à la communauté internationale. Oui, nous resterons unis parce que
ce pays, qui devrait être le paradis sur terre avec ses potentialités gigantesques est devenu un enfer par la volonté d’une poignée d’hommes. Cela suffit, ces hommes ne peuvent tenir en otage un peuple de 65 millions d’âmes.”

lalibre.be

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