MIMY AKAME DU GROUPE EVANGELISTE ABIMISI BA VERITES

Contrairement à une (autre) idée reçue, le cinéma et l’audiovisuel congolais et kinois existent bel et bien – certes, peut-être pas toujours au sens où on l’entend au sein du « modèle » occidental – et dont l’histoire remonte assez logiquement à la colonisation. En effet, malgré la politique du gouvernement colonial et celle du Président Mobutu peu favorables à un « libre accès » au 7e art et au développement de son industrie au Congo, il existe tout de même une production cinématographique congolaise avant et après l’indépendance. Même si celle-ci est globalement assez pauvre quantitativement parlant et clairsemée, faute de structure et moyens mis à disposition. Le cinéma nécessitant en effet dès le départ une logistique et technologie plus dispendieuses à mettre en place que dans d’autres disciplines artistiques où émergent donc davantage de talents nationaux (musique, danse, dessin, peinture…), dès lors qu’elles sont plus aisément accessibles et à la portée du plus grand nombre. Mais ce qui ne sous-tend pas du tout l’absence de talents congolais dans le domaine audiovisuel, au contraire : la tendance actuelle tend d’ailleurs à démontrer l’éclosion d’un vrai cinéma d’auteur porté par des artistes cinéastes et vidéastes véhiculant un regard neuf et pour le moins intéressant et original sur leur ville, culture et pays, et donc en définitive sur leur identité.

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ÉPOQUE COLONIALE

Dès 1896, des opérateurs se rendent avec des cinématographes dans l’État Indépendant du Congo, sous la souveraineté du roi des Belges Léopold II. Très vite, le milieu colonial a en effet utilisé l’image photographique, puis cinématographique comme instrument de propagande. Vers 1910, des projections de films, en grande majorité français ou américains, sont régulièrement organisées par des Européens à Léopoldville, mais seulement un nombre restreint de Congolais y ont accès. Pendant la première guerre mondiale, l’État belge va cependant s’employer à organiser une structure de production et de diffusion, pour propager et justifier sa présence au Congo aux yeux de ses alliés et de ses propres ressortissants. En 1916, le Ministère des Colonies crée ainsi le Service de documentation et de vulgarisation, puis décide l’envoi d’une mission cinématographique dirigée par Ernest Gourdinne au Congo, au Ruanda (Rwanda) et en Urundi (Burundi).

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ERE MOBUTU

Après son coup d’État, le général Mobutu créé une télévision nationale à la dernière pointe de la technologie au sein de la « Cité de la Voix du Zaïre » – devenue aujourd’hui la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) – et lance son mouvement culturel « d’authenticité » au début des années 1970. La production d’actualités et de productions audiovisuelles est placée sous son contrôle, et donne lieu essentiellement à des films de propagande à la gloire du Maréchal et de son idéologie. Toutefois émergent tout de même à cette époque les premiers films « d’auteur » réalisés par des Congolais, dont le plus célèbre est « Moseka » de Roger Kwamy. Ce n’est qu’après 1989, lorsque Mobutu est contraint de rétablir le multipartisme, qu’un espace public s’ouvre enfin pour les radios et les télévisions.

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PLUS RÉCEMMENT

Quant aux années 1990-2000, elles voient l’émergence d’une nouvelle vague de cinéastes apparaître avec des gens comme Balufu Bakupa-Kanyinda, Joseph Kumbela, Kibushi Ndjate, Zeka Laplaine, Monique Phoba Mbeka, Guy Bobanyama… Tous leurs films racontent les drames d’un Congo empêtré dans ses élans vers la modernité sans se donner les moyens de s’assumer avec responsabilité, notamment au sein de la classe dirigeante. Cette génération est talonnée par une autre vague de jeunes talents comme Djo Tunda wa Munga, Petna Ndaliko Katondolo, Sandra Boukhany, Gilbert Balufu, Claude Nzeba Hafner…

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PERSPECTIVES AUDIOVISUELLES

L’Etat n’a pas à proprement parler de politique audiovisuelle, mais on assiste tout de même dans chaque ville à une recrudescence de « tournages » et enregistrement d’images, que ce soit au cours de mariages et diverses cérémonies, dans les clips des artistes musiciens très en demande, ou lors de rencontres politiques. Et ce, grâce à la démocratisation de certains petits appareils et caméras à présent plus accessibles. Bien que l’on ne puisse pas encore parler de cinéma en tant que tel.

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PRODUCTIONS ÉTRANGÈRES

Le Congo, et singulièrement Kinshasa, semblent en effet présenter les prémisses d’un nouvel « eldorado » sur le plan cinématographique et audiovisuel, voire artistique au sens large. Nombre de créateurs étrangers en tous genres viennent en effet s’y « ressourcer » et puiser dans cette énergie et ambiance particulières un peu d’inspiration et une certaine fraîcheur et spontanéité au passage…

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QUELQUES RÉFÉRENCES DU CINÉMA CONGOLAIS

Djo Munga

Djo Tunda wa Munga est né et a grandi en République Démocratique du Congo. Il entame des études classiques complétées par un enseignement en arts plastiques, puis entreprend la réalisation cinématographique à l’INSAS (Bruxelles, Belgique), où il puise de l’inspiration dans le cinéma européen et américain, avant de retourner vivre dans son pays. Depuis lors, il exploite son bagage en cherchant à créer un nouveau genre de cinéma congolais, « où tout reste à inventer ». En 1998, son film de fin d’études ne plaît pas à la direction de la prestigieuse école belge qui ne le juge pas « suffisamment africain » et lui refuse son diplôme. Qu’importe, Djo parvient néanmoins à placer son court métrage dans différents festivals en Belgique et à l’étranger, et à se faire un nom.

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Mweze Ngangura

L’un des cinéastes congolais les plus prolifiques, il a coréalisé avec Benoît Lamy en 1987 « La vie est belle », une comédie musicale interprétée par Papa Wemba, qui a connu un très grand succès. En 1980, il réalise un documentaire « Chéri Samba » (26 min.), portrait d’un jeune peintre de Kinshasa, suivi en 1983 par « Kin Kiesse ou les Joies douces-amères de Kinshasa-la-Belle », un regard amusé et amusant sur l’ambiance de la capitale zaïroise.

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Monique Phoba Mbeka

Monique Phoba Mbeka a élargi le champ du cinéma congolais avec des documentaires, des courts et longs métrages. Parmi ceux-ci, « Entre la coupe et l’élection » est un de ses succès, tourné à Kinshasa, et dans lequel elle remonte le temps pour retrouver dans leur vie actuelle les anciens internationaux du football congolais qui ont représenté l’Afrique en 1974 à la Coupe du monde en Allemagne. Il s’agissait de la première équipe noire d’Afrique subsaharienne à être présente au mondial au moment où le continent africain n’était encore représenté que par une seule équipe.

Fille de diplomate, née à Bruxelles, Monique n’a le contact avec la terre de ses ancêtres que lors de ses quelques vacances à Kinshasa. C’est la sortie de « La vie est belle », le film coréalisé par son compatriote Mweze Ngangura avec Benoît Lamy en 1987, qui lui donne l’envie de faire du cinéma alors qu’elle était en cours d’études commerciales. Depuis, la passion pour le cinéma ne l’a plus lâchée. Elle s’initie au métier dans les Ateliers Varan à Paris et se lance dans le cinéma. En 2005, dans le cadre du mois du documentaire, le Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa l’invite pour présenter ses huit films. Le public congolais, qui ne la connaissait pas très bien, la découvre, ayant habité au Bénin pendant treize ans. L’occasion faisant le larron, elle rencontre des jeunes aspirants cinéastes déterminés à faire du cinéma. C’est à la fin de l’atelier organisé à cet effet, qu’elle monte le projet de « Entre la coupe et l’élection ».

congo-tourisme.org

une selection de yves malou papa de bebe

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