KINSHASA/LEMBA: AVENUE MOKO 7 EGLISES

FAUTE D’INFRASTRUCTURES ADEQUATES
LES PERMANENCES DES « ÉGLISES DE RÉVEIL » EXPOSENT LES FIDÈLES AUX MALADIES
lundi 26 décembre 2016

Une pratique s’est enracinée au sien des églises de réveil dont on ne parle pas assez. Il s’agit du phénomène de permanence. Ainsi, à chaque église, sa permanence ! C’est-à-dire une équipe d’anciens fidèles ou de sages qui restent en permanence pour recevoir ou prier pour des “malades”. La plupart de ces églises, ne disposant pas d’infrastructures adéquates, obligent ces personnes à passer la nuit à la belle étoile, se couchant à même le sol. Ce qui les expose aux maladies et aux intempéries.

De coutume, à la fin de chaque année, la plupart des chrétiens prennent le chemin de l’église pour remercier Dieu, par des prières intenses ou des veillées de prières, pour les avoir gardés tout au long de l’année.
La ronde faite à travers quelques communes de Kinshasa nous renseigne que, hormis quelques églises disposant de belles bâtisses appropriées, la plupart ne se contentent que de simples hangars où pendant les heures des cultes, des bancs ou des chaises en plastiques. Un fait remarquable observé sur le terrain, c’est l’absence des installations hygiéniques. Celles qui existent sont très mal entretenue et donc, dans un état d’insalubrité totale.
Quelques églises ont quand même un local qui sert d’habitation pour recevoir les “malades” permanents, dont la plupart sont des femmes et des enfants. Le spectacle est désolant. On voit des “malades” couchés sur des nattes, couverts de pagnes. Et, quand tombe la nuit, en plus des moustiques et autres insectes, ils sont exposés aux diverses intempéries.

SORCELLERIE.

Un pasteur, d’une église à N’djili, qui a préféré gardé l’anonymat explique que les “malades” sont, pour la plupart des enfants accusés de sorcellerie, de possession démoniaque, de maris et femmes de nuit, d’esprits d’impudicité, de vol, de maladie, de mort…
Selon lui, certains cas demandent que la personne soit gardée à l’église pour des prières intenses : “Pour bien combattre le phénomène de la sorcellerie, par exemple, cela demande que la personne soit gardée là où il y a la puissance de Dieu, c’est-à-dire à la permanence, pour que pendant le temps qu’on cherche à la délivrer, qu’elle ne soit pas à la merci des gens qui la combattent”.

DELIVRANCE. “L’homme de Dieu” poursuit en disant : “les églises se trouvent devant des impératifs. D’une part, rendre service à ses fidèles qui ont besoin d’une guérison ou d’une délivrance. D’autre part, elles sont butées à ce problème d’infrastructures. Nous n’avons pas de cadre idéal pour les accueillir. Dans certaines églises, on les amène pendant la journée. Le vœu de tous, c’est d’avoir un cadre bien approprié, mais ce sont les moyens qui font défaut”.
Un « intercesseur » surpris dans une permanence pense que, c’est la guérison qui compte, peu importe les conditions d’accueil. “Il y a des cas qui demandent d’intenses prières la nuit. Que faire car, le besoin de guérison semble l’emporter sur les conditions d’accueil”.
Un autre d’enchérir : “Aucun pasteur ne prend plaisir de voir ses fidèles passer la nuit à la belle étoile et à même le sol, seules les églises nanties offrent un cadre idéal”.

REFUGE. Si certains “malades”, abandonnés à leur triste sort par leurs familles, trouvent que l’église reste le seul refuge quel que soit l’état des lieux, les autres fidèles s’insurgent contre cette pratique. “Je suis contre le phénomène des permanences qui reçoivent les gens dans un hangar”, réagit Mlle Brigitte, fidèle d’une église de réveil implantée à Masina, avant de souligner : “dans l’église où je prie, les gens viennent poser leurs problèmes seulement pendant la journée . Même quand nous organisons des veillées de prière, les femmes et les enfants sont reçus dans une maison construite à cet effet”.
D’autres s’interrogent sur la prolifération des sectes : “Pourquoi tant d’églises ? Si ce n’est que servir Dieu, est-ce qu’il y a des raisons qui jusitifieraient la création de toutes ces églises éparpillées à travers la capitale, ajoutant aux problèmes spirituels dont les gens souffrent, d’autres maladies telles la fièvre typhoïde, la malaria, les infections… ”

CAPACITE D’ACCUEIL. Dans beaucoup d’églises de réveil, le nombre de latrines est soit insignifiant, soit inexistante à tel point que les alentours de ces églises dégagent parfois une odeur nauséabonde, surtout pendant les veillées de prières. Cela indispose parfois les habitants des parcelles environnantes.
Une église installée à Ndjili, déversent à longueur de journée de l’eau usager sur l’avenue à travers un trou percé au mur de la parcelle. Une « rivière » artificielle s’est même formée sur l’avenue. Les habitants du quartier ont beau crier, le pasteur et ses fidèles font fi.
Certains observateurs condamnent l’attitude de ces soit disant “hommes de Dieu” qui ne visent que l’argent, sans se soucier de leurs fidèles, les exposant aux microbes. “Je connais des églises de réveil qui ont une capacité d’accueil importantes et qui tiennent bien leurs toilettes. Ils ont engagé quelqu’un qui ne s’occupe que de l’entretien des installations hygiéniques. Pourquoi les autres pasteurs ne peuvent pas offrir les mêmes conditions à leurs fidèles”, s’interroge un des observateurs.
Il y a des gens qui pensent que les pasteurs qui n’ont pas un cadre idéal d’accueil minimum, doivent s’abstenir de recevoir des fidèles à titre permanent. Car, au-delà de la guérison spirituelle, ils exposent leurs fidèles à d’autres problèmes, notamment à des diverses maladies. Dans ce cas, ils n’atteindront pas leurs objectifs.

SENSIBILISATION.
Il y a de quoi également s’inquiéter de toutes ces personnes qui ont choisies de vivres dans des églises malgré elles dans des conditions inhumaines. Cette situation ne peut qu’interpeller les autorités compétentes. Un observateur furieux : “il y a lieu de sensibiliser l’autorité publique qui devrait protéger la population en interpellant les responsables de telles églises”.
La promiscuité, les conditions hygiéniques dans des églises de réveil, restent l’un des points que les pasteurs accordent moins d’attention. Nous osons croire que les fidèles ont non seulement droit à la bonne parole mais également à un traitement adéquat. Dina BUHAKE

forumdesas.org

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