BANDUNDU: FACE-A-FACE POPULATION NA MUKOLO BA NGOMBE

Des vaches sans frontière dans le Bandundu

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Depuis l’inauguration du projet agro industriel de Bukanga Lonzo dans le Kwilu, les populations locales sont inquiètes. N’ayant été associées ni à la conception ni à la réalisation de ce vaste projet qui nécessita un investissement de 80 millions de dollars, les communautés de la région redoutent être victimes d’accaparement de terres situées le long du fleuve Kwango, qui coule jusqu’en Angola et dont le lit est réputé pour sa richesse en diamants. Depuis quelques semaines, l’inquiétude est montée de plusieurs crans : plus de 5000 zébus aux longues cornes défilent sur les pistes de la province. Selon des témoins locaux, ces vaches se trouvent déjà à Bukanga Lonzo et à Popokabaka et avec elles 452 familles de bergers. Député membre du Palu (parti lumumbiste unifié), Adolphe Muzito, ancien Premier Ministre et ressortissant du Kwilu, intrigué par cette invasion pacifique, s’est rendu sur le terrain. Les pasteurs lui ont expliqué que, suivant leurs troupeaux, ils étaient venus à pied depuis Uvira dans le Sud Kivu, sur la frontière du Burundi. Dépourvus de tout document de voyage ou autorisation (dans un pays où à chaque kilomètre des barrières arrêtent les voyageurs pour vérifier les documents et percevoir une redevance..)ces pasteurs ont reconnu qu’ils avaient l’intention de vendre leurs vaches afin d’approvisionner Kinshasa en viande. Adolphe Muzito nous a confié pour sa part que « certains bouviers ainsi que des témoins locaux lui avaient confié que ces vaches venaient « de plus loin encore » que la ville d’Uvira, qui jouxte le Burundi mais aussi le Rwanda. » Le député explique l’inquiétude des communautés locales par les incertitudes de la loi foncière : « la loi Bakanjika prévoit qu’en principe les terres appartiennent à l’Etat, mais elle prévoit aussi que les communautés locales bénéficient de concessions perpétuelles sur la « terre des ancêtres » ce qui leur permet de négocier avec d’éventuels investisseurs. Or ici, les communautés locales n’ont pas été consultées et elles se demandent si ces immenses troupeaux ne vont pas s’installer de force sur leurs terres… »
A Kinshasa, Jean-Paul Moka, fondateur du « mouvement bleu » et lui-même originaire du Bandundu, est également monté au créneau. Il met en doute la longue marche de ces « vaches sans frontières » et se demande si ces troupeaux n’auraient pas été transportés par avion militaire, des appareils C130 plus précisément, qui se seraient posés sur l’aéroport dont dispose le projet de Bukanga Lonzo. En outre, relève-t-il, de tels appareils ne se trouvent ni à Uvira ni dans la plaine de la Ruzizi, mais bien en Ouganda où sont installées des bases militaires américaines dans le cadre de la lutte anti terroriste.
Une autre alerte a été donnée par l’Association des professeurs originaires du Kwango, dont le secrétaire l’abbé Phocas Pfunga Pfunga relève que de telles vaches aux longues cornes n’existent pas dans la région et que leurs accompagnateurs qui parlent une langue étrangère se dirigent vers Popokabaka et Tsakala Mbewa, d’où la route mène directement à Kinshasa.
Rappelant des schémas comparables dans le Nord Katanga, le Kasaï, et surtout l’Ituri, qui ont mené à des guerres interethniques, le pasteur Moka insiste pour que ces nouveaux venus soient ramenés à leur point de départ.
Dans l’Ituri précisément, des affrontements entre Hema (éleveurs) et Lendu (agriculteurs) ont fait plusieurs dizaines de morts depuis la mi-décembre et provoqué le déplacement de 200.000 personnes, ce qui jette le doute sur la possibilité de tenir des élections dans ces zones troublées. Au Kasaï déjà, l’insécurité et les déplacements de population avaient, en 2017 empêché le recensement des électeurs et la préparation du scrutin.
Le défilé des zébus venus de l’Est pourrait avoir d’autres finalités encore ; lourdement armés, les pasteurs-guerriers pourraient s’en servir pour se rapprocher de Kinshasa (une tactique déjà utilisée au moment de la chute de Mobutu en 1997 lorsque la capitale avait été infiltrée par des nuées de pseudo-mendiants qui se sont avérés des militaires déguisés. A cela s’ajoute le fait qu’à Bangui, capitale de la Centrafrique, la rive du fleuve Oubangui qui marque la frontière avec la RDC est désormais occupée par les Casques bleus rwandais de la Monusco. Ces militaires aguerris protègent le président centrafricain Touadéra, surveillent étroitement le voisin d’en face et, disposant de bateaux rapides, ils pourraient, si nécessaire, aisément gagner Kinshasa.

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2018/02/15/des-vaches-sans-frontiere-dans-le-bandundu/

UNE SELECTION DE YVES MALOU PAPA DE BEBE

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